Carte de restaurant en anglais : les 10 erreurs à éviter

Duck Jam, Floating Island, Shepherd's Mouse... Petit florilège des traductions catastrophiques — et comment faire mieux.

Par Bertrand Menesguen · Mars 2026 · Lecture : 7 min

Le problème n'est pas de traduire, c'est de bien traduire

Traduire sa carte en anglais, c'est un réflexe sain. En zone touristique, c'est même indispensable. Mais une mauvaise traduction fait plus de dégâts que pas de traduction du tout. Un touriste qui ne comprend pas la carte demandera de l'aide au serveur. Un touriste qui lit « Duck Jam » (confiture de canard) sur la carte… partira.

Le problème, c'est que la gastronomie française utilise un vocabulaire très précis — confits, émincés, poêlés, en croûte, gratinés — qui ne se traduit pas au mot-à-mot. Google Traduction ne fait pas la différence entre un confit et une confiture, entre une souris d'agneau et une vraie souris, entre une île flottante et un bout de terre dans l'océan.

Voici les 10 erreurs les plus fréquentes, avec à chaque fois la mauvaise traduction et la bonne.

Les 10 erreurs classiques

Erreur n°1 — Le confit de canard

Duck Jam / Duck Candy

Duck Confit

« Confit » est un terme culinaire reconnu internationalement. Le traduire par « jam » (confiture) est l'erreur la plus célèbre de la traduction gastronomique. En anglais, on garde « confit » tel quel.

Erreur n°2 — La souris d'agneau

Lamb Mouse / Sheep Mouse

Lamb Shank

La « souris » est la partie basse de la patte arrière de l'agneau. En anglais, c'est un « shank ». Aucun rongeur n'est impliqué.

Erreur n°3 — L'île flottante

Floating Island

Floating Island (meringue on custard cream)

Ici, la traduction littérale est techniquement correcte — le dessert s'appelle bien « Floating Island » en anglais. Mais sans description, un touriste n'a aucune idée de ce que c'est. L'ajout d'une courte explication fait toute la différence.

Erreur n°4 — Les pommes sarladaises

Apples from Sarlat / Sarlat Apples

Sarlat-style sautéed potatoes with garlic and parsley

En français, « pommes » dans un contexte culinaire signifie souvent « pommes de terre ». Google Traduction ne le sait pas et traduit systématiquement par « apples » (pommes le fruit).

Erreur n°5 — Le croque-monsieur

Mister Crunch / Bite Mister

Croque-Monsieur (toasted ham and cheese sandwich)

Certains noms de plats français sont entrés dans le vocabulaire international. On ne les traduit pas, on les explique.

Erreur n°6 — La blanquette de veau

White Veal / Veal Blanket

Blanquette of Veal (veal stew in creamy white sauce)

Le mot « blanquette » n'a pas d'équivalent en anglais. On le garde en français et on ajoute la description de la préparation.

Erreur n°7 — Le gratin dauphinois

Gratin of Dauphiné / Dolphin Gratin

Dauphinois Potatoes (creamy potato gratin baked with garlic)

Le « Dauphiné » est une région, pas un dauphin. Et « gratin of Dauphiné » ne dit rien à un Anglophone. La description des ingrédients et de la cuisson est essentielle.

Erreur n°8 — La tête de veau

Veal Head

Calf's Head (traditional braised dish with gribiche sauce)

Techniquement correct, mais « Veal Head » tout seul est rebutant pour un client anglo-saxon. La description de la préparation adoucit le choc culturel et donne envie.

Erreur n°9 — Les profiteroles

Profiteroles

Profiteroles (choux pastry puffs filled with cream, topped with chocolate sauce)

Encore un mot français connu à l'international — mais sans description, beaucoup de touristes ne savent pas ce que c'est. La description transforme un mot inconnu en envie irrésistible.

Erreur n°10 — Le poisson du jour

Fish of the Day

Catch of the Day

Pas une faute de sens, mais une faute d'usage. En anglais, l'expression consacrée est « Catch of the Day ». C'est plus naturel, plus professionnel, et ça donne une image de fraîcheur.

Le vrai problème : l'anglais ne suffit pas

Ces erreurs sont drôles, mais elles illustrent un problème plus profond : la traduction gastronomique est un métier. Et même une traduction anglaise parfaite ne couvre qu'une partie de votre clientèle.

Un touriste chinois ne lit pas l'anglais. Un touriste japonais non plus. Un touriste arabe, russe, brésilien ou coréen non plus — ou pas assez bien pour comprendre les nuances d'un menu gastronomique.

La vraie solution, ce n'est pas de mieux traduire en anglais. C'est de traduire en 10 langues — avec la qualité gastronomique qui préserve les cuissons, les textures et les saveurs.

C mon Menu dispose d'une base de plus de 31 000 plats traduits en 10 langues (français, anglais, espagnol, allemand, italien, portugais, chinois, japonais, arabe et russe). Les traductions ne sont pas du mot-à-mot : elles préservent le vocabulaire gastronomique, les techniques de cuisson et les descripteurs sensoriels. Le restaurateur tape les premières lettres de son plat, sélectionne la bonne entrée, et toutes les traductions sont prêtes.

La règle d'or : si un plat a un nom français reconnu internationalement (confit, crème brûlée, croque-monsieur, ratatouille, blanquette), gardez-le en français et ajoutez une description courte en anglais. Si le nom est purement français et opaque (souris d'agneau, pommes sarladaises, tête de veau), utilisez le terme anglais correct avec la description de la préparation. Et dans tous les cas : ne faites jamais confiance à Google Traduction pour votre carte.

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Bertrand Menesguen

Spécialiste de la vente de fonds de commerce en restauration depuis plus de 15 ans, graphiste-communicant et responsable de restaurant. Bertrand a vu passer suffisamment de « Duck Jam » et de « Sheep Mouse » pour créer un outil qui résout le problème à la source.

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